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Publié27 Jul 2026
AuteurVolkier Bentinck
Lecture17 min

Politique de retours : le guide conforme 2026

15 000 € d'amende pour une personne physique, 75 000 € pour une société : depuis le 19 juin 2026, le bouton de rétractation n'est plus optionnel. Ce que la loi exige exactement, comment l'implémenter sur Shopify, et le modèle de politique de retours à copier.

Retours et remboursements sur Shopify : tout comprendre

Depuis le 19 juin 2026, toute boutique en ligne qui vend à des particuliers en France doit proposer une fonctionnalité de rétractation dédiée, gratuite et accessible en permanence. Ce n'est pas un nouveau droit, c'est une nouvelle façon de l'exercer : annuler doit être aussi simple qu'acheter. Concrètement, un formulaire de contact ou une adresse e-mail ne suffisent plus. Voici ce que la loi impose exactement, comment l'implémenter sur Shopify, et comment construire autour une politique de retour qui protège vos marges au lieu de les manger.

En bref

  • La fonctionnalité de rétractation en ligne est obligatoire depuis le 19 juin 2026 (ordonnance n° 2026-2 et décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026, article L221-21 du Code de la consommation).
  • Le libellé cité par le décret est renoncer au contrat ici. Les mentions floues du type "Retour" ou "Contacter le SAV" ne sont pas conformes.
  • Le parcours se fait en deux étapes et se termine par un accusé de réception horodaté, sur support durable.
  • L'obligation vise les contrats conclus à distance avec des consommateurs. Le B2B et les ventes conclues uniquement par téléphone ou en magasin restent hors du champ.
  • Le délai légal de rétractation reste de 14 jours. La politique de retour commerciale, elle, reste libre.
  • Sur Cabania, notre propre marque, nous avions cadré un scénario Shopify Flow sur mesure. Nous l'avons abandonné pour une application gratuite qui couvre l'obligation entièrement.
  • Notre test en trois questions, en navigation privée, suffit à savoir en deux minutes si votre boutique est couverte ou non.

Retour, remboursement, rétractation : ne pas confondre

Trois mots que les marchands utilisent comme des synonymes, alors qu'ils ne recouvrent pas les mêmes obligations. La confusion coûte cher : elle produit des politiques de retour qui promettent trop d'un côté et sont illégales de l'autre.

Le droit de rétractation est un droit légal. Il permet à un consommateur d'annuler un achat à distance dans les 14 jours, sans motif et sans pénalité. Vous ne pouvez ni le restreindre, ni le conditionner, ni le facturer.

La politique de retour est un engagement commercial. C'est ce que vous accordez au-delà du légal : 30 jours au lieu de 14, un retour gratuit, un échange facilité. Vous la définissez librement, mais elle vous engage une fois publiée.

Le remboursement est la conséquence des deux. En cas de rétractation, il porte sur le prix du produit et sur les frais de livraison standard, dans les 14 jours suivant la date où vous êtes informé de la décision du client. Vous pouvez différer le versement jusqu'à réception du bien ou jusqu'à la preuve de son expédition.

Critère Rétractation (légal) Retour commercial
Fondement Code de la consommation, articles L221-18 et suivants Vos CGV et votre politique
Durée 14 jours minimum Ce que vous décidez
Motif exigible Aucun Vous pouvez en demander un
Frais de retour À la charge du client si vous l'avez informé Libre
Frais de livraison aller Remboursés (tarif standard) Libre
Fonctionnalité en ligne dédiée Obligatoire depuis le 19 juin 2026 Facultative

Ce que la loi impose depuis le 19 juin 2026

L'ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026 transpose la directive européenne (UE) 2023/2673, et le décret n° 2026-3 du même jour en précise les modalités d'application. Cette directive insère un article 11a dans la directive 2011/83/UE sur les droits des consommateurs. Le texte européen concerne à l'origine les services financiers à distance, mais la transposition française a placé l'obligation dans le régime général des contrats conclus à distance, à l'article L221-21 du Code de la consommation.

Traduction pour un marchand : tous les secteurs sont concernés. Si vous vendez en ligne à des consommateurs français, vous devez mettre à leur disposition, sans frais, une fonctionnalité leur permettant d'exercer leur droit de rétractation. Les modalités techniques sont fixées à l'article D221-5.

Le manquement est passible d'une amende administrative prononcée par la DGCCRF pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale (article L242-13). S'y ajoute un risque plus insidieux : le défaut d'information du consommateur sur son droit de rétractation peut porter le délai à douze mois et quatorze jours. Chaque commande reste alors contestable pendant plus d'un an.

Les actions à mettre en place, dans l'ordre :

  1. Auditer le parcours actuel. Un formulaire de contact générique, une adresse e-mail ou un espace client accessible après connexion ne remplissent pas l'obligation.
  2. Installer une fonctionnalité dédiée, application ou développement sur mesure, qui produit une déclaration de rétractation structurée.
  3. Vérifier le libellé exact du lien et du bouton de confirmation.
  4. Rendre le lien accessible en permanence, sans création de compte et sans connexion.
  5. Brancher l'accusé de réception automatique, horodaté, envoyé sur support durable.
  6. Mettre à jour vos CGV : elles doivent désormais mentionner l'existence et l'emplacement de la fonctionnalité.
  7. Vérifier le formulaire type de rétractation, modifié par le décret.
  8. Définir en interne qui traite les demandes et sous quel délai, puis journaliser chaque demande pour disposer d'une preuve en cas de litige.

Restent hors du champ les exceptions de l'article L221-28 : biens confectionnés sur mesure ou nettement personnalisés, denrées périssables, contenu numérique téléchargé avec accord exprès du consommateur, entre autres. Ces exceptions se déclarent dans vos CGV, elles ne se supposent pas.

Cet article est à visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour la rédaction de vos clauses, consultez un professionnel du droit et lisez notre guide des CGV et mentions légales Shopify.

Qui est concerné, et qui ne l'est pas

L'obligation vise tout professionnel qui conclut des contrats à distance avec des consommateurs via une interface en ligne. La réponse est plus large que ce que la plupart des marchands imaginent, et la question revient à chaque audit. Le secteur, la taille de la boutique et le volume de commandes n'entrent pas dans l'équation. Une boutique Shopify à trois commandes par jour est soumise au même régime qu'une marketplace.

Situation Fonctionnalité obligatoire Point de vigilance
Boutique en ligne B2C, tous secteurs Oui Y compris pour les acheteurs en mode invité
Vente de services à distance (formations, prestations) Oui Sauf service intégralement exécuté avec accord exprès
Abonnements et reconductions en ligne Oui Le parcours de résiliation ne remplace pas la rétractation
Boutique B2B pure (clients professionnels) Non Attention aux catalogues mixtes B2B et B2C
Ventes conclues uniquement par téléphone ou en magasin Non Dès qu'une interface en ligne intervient, l'obligation s'applique
Produits exclus par l'article L221-28 Non pour ces références Les exclusions doivent figurer dans les CGV avant l'achat

Deux cas piègent régulièrement les boutiques que nous auditons. Le premier est le catalogue mixte : une boutique qui vend à la fois à des professionnels et à des particuliers reste soumise à l'obligation pour la partie B2C, même si le B2B représente 90 % du chiffre d'affaires. Si vous exploitez une boutique sous Shopify B2B avec un catalogue grand public en parallèle, le parcours de rétractation doit exister pour ce second flux.

Le second est le multi-marchés. Une boutique qui vend en France, en Belgique et en Allemagne via Shopify Markets doit servir la fonctionnalité dans la langue de chaque marché. La directive est européenne, les transpositions nationales diffèrent dans le détail, et une page unique en français ne couvre pas un client allemand.

Le bouton de rétractation : libellé, emplacement, parcours

Un bouton de rétractation conforme se juge sur trois points : le libellé, l'emplacement et le parcours de confirmation. C'est la partie que la plupart des boutiques ratent, non par mauvaise volonté mais parce qu'elles pensent être déjà couvertes.

Le libellé conforme et les formulations à bannir

Le décret cite explicitement la mention renoncer au contrat ici, ou une formule analogue claire et dépourvue d'ambiguïté. Le bouton de validation, lui, doit exprimer sans détour la confirmation de la rétractation.

Sont à écarter : "Retour", "Annuler ma commande", "J'ai changé d'avis", "Contacter le service client", "Demander un remboursement". Ces libellés décrivent une intention commerciale, pas l'exercice d'un droit. La logique du texte est anti-dark patterns : le client doit comprendre, sans effort d'interprétation, qu'il exerce un droit opposable.

L'emplacement

La fonctionnalité doit être affichée de manière visible, directement et facilement accessible, et rester disponible pendant toute la durée du délai de rétractation. En pratique, cela exclut trois choix courants : l'enfouissement dans un sous-menu, la relégation dans l'espace client derrière une authentification, et l'affichage conditionnel sur la seule page de suivi de commande.

Le placement qui fonctionne : un lien permanent dans le pied de page, présent sur toutes les pages, doublé d'un rappel dans l'e-mail de confirmation de commande et dans la page de politique de retour. Un acheteur en mode invité, qui n'a jamais créé de compte, doit pouvoir aller au bout du parcours.

Le parcours en deux étapes et l'accusé de réception

Étape un : le client clique sur le lien et accède à un formulaire où il identifie sa commande et les articles concernés. Le formulaire doit lui permettre de renseigner son identité, les références du contrat et ses coordonnées. Étape deux : il valide, et reçoit un accusé de réception sur support durable mentionnant le contenu de sa déclaration ainsi que la date et l'heure de son envoi.

Cet horodatage n'est pas un détail administratif. C'est la pièce qui fait courir les délais des deux côtés : quatorze jours pour vous rembourser, quatorze jours pour que le client renvoie le bien. Sans preuve datée, tout litige se joue à votre désavantage.

Comment l'implémenter sur Shopify

Shopify a publié une page d'aide dédiée à la conformité européenne et y indique que ses règles de retour et d'annulation peuvent contribuer à répondre à l'obligation, en orientant le client vers son compte ou vers la page de statut de commande. C'est précisément là que se situe le piège. La plateforme ne fournit pas de fonctionnalité de rétractation native, autonome et conforme clé en main, et elle rappelle elle-même que la responsabilité juridique reste au marchand. Autrement dit, paramétrer vos retours Shopify vous rapproche de la conformité, mais ne vous y amène pas. Deux voies s'ouvrent donc : une application spécialisée, ou un développement Liquid dans le thème couplé à une automatisation.

Notre retour d'expérience sur Cabania. Nous avions cadré la seconde option : une page dédiée, un formulaire, un scénario Shopify Flow pour taguer la commande, notifier l'équipe et déclencher l'e-mail d'accusé de réception. Environ deux jours de spécification et de développement, plus la maintenance à venir à chaque évolution du texte.

Nous avons tout arrêté en identifiant Retractly: EU Withdrawal, une application dont le forfait gratuit couvre l'intégralité de l'obligation : formulaire de rétractation accessible sans compte client, y compris pour les commandes passées en invité, e-mails de confirmation automatiques, rétractation partielle article par article, validation automatique des délais et de la commande, et interface disponible dans les langues officielles de l'Union. Les forfaits payants ajoutent la personnalisation graphique et l'export, pas la conformité.

L'arbitrage tient en une phrase : le développement sur mesure n'apportait rien que le forfait gratuit ne couvrait déjà, et il nous exposait à une dette de maintenance sur un texte encore jeune. Nous réservons désormais le développement Liquid aux boutiques qui ont une contrainte réelle d'intégration, thème très personnalisé, ERP connecté ou logique multi-marchés. Pour le reste, l'application est le bon choix. C'est aussi une ligne de moins dans votre plan de maintenance Shopify.

Le test en trois questions que nous faisons passer à chaque boutique auditée. Ouvrez votre site en navigation privée, sans être connecté :

  1. Trouvez-vous un lien de rétractation depuis la page d'accueil, en moins de deux clics ?
  2. Pouvez-vous aller au bout du formulaire sans créer de compte ni vous connecter ?
  3. Recevez-vous un e-mail horodaté qui reprend le contenu de votre déclaration ?

Trois oui, vous êtes couvert. Un seul non, vous ne l'êtes pas.

Faut-il activer les retours en libre-service ?

Shopify permet aujourd'hui à vos clients de demander un retour, et désormais une annulation, directement depuis leur compte client. La demande arrive dans l'admin, les règles de retour s'appliquent automatiquement, l'étiquette peut être générée sans intervention humaine. C'est propre, c'est natif, c'est gratuit.

Nous ne le recommandons pas par défaut, et pour deux raisons distinctes.

La première est juridique. Les retours en libre-service reposent sur les nouveaux comptes clients : le client doit se connecter. Or la fonctionnalité de rétractation doit rester accessible sans barrière, y compris à un acheteur en mode invité. Activer le libre-service ne vous met donc pas en conformité, et croire l'inverse est l'erreur la plus fréquente que nous voyons en audit.

La seconde est commerciale, et c'est un parti pris que nous assumons. Une demande de retour est rarement une décision définitive. C'est souvent une taille qui ne va pas, un doute sur un montage, un délai de livraison mal compris, une commande passée deux fois. Quand la demande passe par le service client, l'équipe peut transformer une annulation en modification de commande, proposer un échange de variante, expliquer un point technique. Quand elle est automatisée de bout en bout, le remboursement part et la vente est perdue, sans qu'aucun humain ait eu l'occasion de rectifier le tir.

L'automatisation totale est sèche. Elle optimise un coût de traitement et détruit une marge. Notre recommandation : une fonctionnalité de rétractation totalement libre, sans friction, parce que la loi l'exige et parce que c'est légitime, et un traitement des retours commerciaux qui reste piloté par une équipe. Rien n'interdit d'outiller cette équipe, un agent IA de premier niveau absorbe très bien les demandes simples et fait remonter les autres à un humain.

Rédiger une politique de retour claire

Une politique de retour e-commerce est le document contractuel qui décrit, avant l'achat, le délai accordé, l'état exigé du produit, le coût du renvoi et la procédure à suivre. Une bonne politique tient en une page et répond à six questions, dans cet ordre.

  • Quel délai ? Le légal est de 14 jours. Beaucoup de marques annoncent 30 jours. Au-delà, l'effet sur la conversion s'estompe et le coût logistique augmente.
  • Dans quel état ? Produit non utilisé, étiquettes présentes, emballage d'origine. Formulez-le en termes vérifiables, pas en jugements de valeur.
  • Qui paie le retour ? À votre charge, à celle du client, ou gratuit au-dessus d'un seuil. C'est le levier le plus coûteux et le plus efficace.
  • Sous quel délai le remboursement ? Annoncez un délai que vous tenez réellement, et le moyen de paiement utilisé.
  • Quelles exclusions ? Produits personnalisés, hygiène, articles en promotion finale. Elles doivent être annoncées avant l'achat, pas découvertes après.
  • Comment on fait, concrètement ? Trois étapes maximum, avec le lien vers la fonctionnalité de rétractation.

Cette page structure votre promesse commerciale. Elle ne remplace pas vos conditions générales : la formulation juridique des clauses, elle, se traite dans les CGV et mentions légales de votre boutique.

Le modèle de politique de retour à copier

Voici la trame que nous déployons sur les boutiques que nous accompagnons. Remplacez les valeurs entre crochets par les vôtres, supprimez ce qui ne s'applique pas, et gardez l'ordre des blocs : il suit l'ordre dans lequel un client se pose les questions.

Retours et remboursements

Vous avez 30 jours pour changer d'avis. Vous disposez de 30 jours à compter de la réception de votre commande pour nous retourner un article, sans avoir à justifier votre décision. Ce délai est plus long que le délai légal de rétractation de 14 jours, dont vous bénéficiez également.

Dans quel état ? L'article doit être non porté, non lavé, non utilisé, avec ses étiquettes d'origine et dans son emballage d'origine. Un article abîmé après réception ou incomplet pourra faire l'objet d'un remboursement partiel.

Qui paie le retour ? Les frais de retour sont à votre charge, soit [X,XX] € déduits de votre remboursement. Ils sont offerts pour toute commande supérieure à [XX] € et pour tout article défectueux ou erroné, quel que soit le montant.

Quand serez-vous remboursé ? Sous [X] jours ouvrés après réception et contrôle de votre colis dans notre entrepôt, sur le moyen de paiement utilisé lors de la commande. Vous recevez un e-mail de confirmation dès que le remboursement est déclenché.

Ce qui n'est pas repris. Les articles personnalisés ou fabriqués sur mesure, les produits d'hygiène descellés, les cartes cadeaux, et les articles signalés comme non retournables sur leur fiche produit.

Comment procéder, en 3 étapes. 1. Rendez-vous sur [lien vers votre page de retour] avec votre numéro de commande. 2. Sélectionnez les articles à retourner et le motif. 3. Imprimez l'étiquette prépayée que nous vous envoyons par e-mail, et déposez le colis en point relais sous 14 jours.

Vous souhaitez annuler votre commande. Pour exercer votre droit légal de rétractation, utilisez notre fonctionnalité dédiée : [lien libellé "renoncer au contrat ici"]. Vous recevrez immédiatement un accusé de réception horodaté.

Une question ? Écrivez-nous à [adresse e-mail], nous répondons sous [X] heures ouvrées.

Trois précautions avant de publier. Ne promettez pas un délai de remboursement que votre logistique ne tient pas, c'est la première source d'avis négatifs sur ce sujet. Vérifiez que le lien de rétractation est bien distinct du parcours de retour commercial, ce sont deux dispositifs différents. Et si vous utilisez un réseau de points relais, précisez lequel : un client qui découvre au dernier moment qu'il doit aller à la Poste alors qu'il a un point Mondial Relay en bas de chez lui vit mal l'expérience.

Ce que coûte vraiment un retour

Un retour ne coûte pas le prix du transport retour. Il coûte le transport, la réception, le contrôle qualité, le reconditionnement, le réétiquetage, la remise en stock, le temps SAV, et le décalage de trésorerie entre le remboursement versé et le produit revendu. Les benchmarks du marché situent le coût complet d'un retour entre 15 et 30 € par colis pour un e-commerçant français. Sur un panier moyen faible, l'addition dépasse souvent la marge du produit.

Le taux de retour, lui, dépend massivement du secteur. Les ordres de grandeur observés sur le marché français :

Secteur Taux de retour observé Levier prioritaire
Mode et habillement 25 à 40 % Guide des tailles et photos portées
Sport et loisirs 15 à 25 % Dimensions et compatibilité
Maison et décoration 10 à 20 % Cotes précises et visualisation à l'échelle
Électronique et high-tech 10 à 15 % Fiches techniques et compatibilité
Beauté et cosmétique 5 à 10 % Nuanciers et échantillons
Alimentaire 2 à 5 % Qualité de l'emballage et du transport

Ces fourchettes sont des repères de marché, pas une norme. Le chiffre qui compte est le vôtre, secteur par secteur et référence par référence. Trois arbitrages à poser avant d'annoncer quoi que ce soit :

  1. Le seuil de gratuité. Calculez le coût complet d'un retour, puis le panier moyen à partir duquel la marge l'absorbe. En dessous de ce seuil, un retour gratuit systématique détruit de la valeur. La même logique que pour votre seuil de franco de port s'applique ici.
  2. La cause racine. Un taux de retour élevé est presque toujours un problème d'information avant achat : guide des tailles absent, photos peu fidèles, dimensions imprécises. Corriger la fiche produit coûte moins cher que financer les retours qu'elle génère.
  3. La remise en circulation. Décidez à l'avance ce qui repart en stock A, ce qui part en seconde main ou en outlet, et ce qui est perdu. Sans cette règle, les retours s'accumulent dans un carton qui devient une perte sèche.

Transformer sa politique en argument de vente

Une politique de retour lisible est un des rares éléments de réassurance qui agit au moment exact de l'hésitation. Elle lève un risque perçu, et le risque perçu est le premier motif d'abandon sur une marque que le visiteur ne connaît pas encore. C'est aussi, très concrètement, un levier de récupération sur les paniers abandonnés : rappeler la politique de retour dans la première relance fait souvent plus que le code promo.

Trois emplacements donnent l'essentiel du résultat : un bloc court sous le bouton d'ajout au panier de la page produit, un rappel dans le panier et au checkout, et un lien permanent en pied de page. Formulez la promesse en une phrase concrète, une durée et un coût. "Retours sous 30 jours, remboursement sous 5 jours ouvrés" travaille mieux que "satisfait ou remboursé", qui ne veut plus rien dire.

Bien exploitée, la politique de retour devient un levier de conversion à part entière, au même titre que les autres leviers d'optimisation du taux de conversion. Mal cachée, elle produit l'effet inverse : le visiteur qui cherche votre politique et ne la trouve pas conclut qu'il y a une raison.

Mettre votre boutique en conformité

La mise en conformité ne prend pas plus d'une demi-journée sur une boutique Shopify standard : la fonctionnalité, le placement, l'accusé de réception, la mise à jour des CGV. Ce qui prend du temps, c'est de décider ce que vous automatisez et ce que vous gardez entre les mains de votre équipe. C'est là que se joue la marge.

Parlons de votre parcours de retour : trente minutes suffisent à identifier ce qui vous expose et ce qui vous coûte.

Questions fréquentes

F·01

Le bouton de rétractation est-il vraiment obligatoire depuis 2026 ?

Oui. Depuis le 19 juin 2026, tout professionnel qui conclut des contrats à distance avec des consommateurs via une interface en ligne doit mettre à disposition une fonctionnalité de rétractation dédiée et gratuite. L'obligation figure à l'article L221-21 du Code de la consommation et s'applique à tous les secteurs, pas seulement aux services financiers.
F·02

Quel libellé utiliser pour être conforme ?

Le décret n° 2026-3 cite la mention renoncer au contrat ici, ou une formule analogue claire et sans ambiguïté. Les libellés commerciaux comme "Retour", "Annuler ma commande" ou "Contacter le SAV" ne sont pas considérés comme conformes.
F·03

Où doit être placé le bouton de rétractation ?

Il doit être visible, directement accessible et disponible pendant toute la durée du délai de rétractation. Un lien permanent en pied de page, accessible sans connexion ni création de compte, est le placement le plus sûr. L'enfouir dans un sous-menu ou le réserver à l'espace client ne répond pas à l'exigence.
F·04

Les retours en libre-service Shopify suffisent-ils à être conforme ?

Non, dans la plupart des cas. Les retours en libre-service exigent que le client se connecte à son compte, alors que la fonctionnalité de rétractation doit rester accessible sans barrière, y compris pour un achat effectué en mode invité. Ils peuvent compléter le dispositif, ils ne le remplacent pas.
F·05

Une boutique B2B est-elle concernée ?

Non, l'obligation vise les contrats conclus avec des consommateurs. Une boutique strictement B2B n'est pas soumise à la fonctionnalité de rétractation. Attention en revanche aux catalogues mixtes : si une partie de votre boutique vend à des particuliers, le parcours de rétractation doit exister pour ce flux, même minoritaire.
F·06

Faut-il une fonctionnalité par pays si je vends à l'international ?

Oui, en pratique. La directive est européenne mais les transpositions nationales diffèrent, et la fonctionnalité doit être compréhensible par le consommateur du marché concerné. Une boutique qui vend en France, en Belgique et en Allemagne doit servir le parcours dans la langue de chaque marché, avec les mentions locales correspondantes.
F·07

Quelle différence entre rétractation et retour ?

La rétractation est un droit légal de 14 jours, sans motif, que vous ne pouvez pas restreindre. Le retour est un engagement commercial que vous définissez librement dans votre politique, souvent plus généreux que le légal.
F·08

Le commerçant doit-il rembourser les frais de livraison ?

Oui, en cas de rétractation, le remboursement porte sur le prix du produit et sur les frais de livraison standard aller. Si le client avait choisi une livraison express plus coûteuse, le surcoût reste à sa charge. Les frais de retour peuvent lui être imputés à condition qu'il en ait été informé avant l'achat.
F·09

Quels produits sont exclus du droit de rétractation ?

L'article L221-28 liste plusieurs exceptions, notamment les biens confectionnés sur mesure ou nettement personnalisés, les denrées périssables, les biens descellés ne pouvant être renvoyés pour des raisons d'hygiène, et le contenu numérique fourni avec l'accord exprès du consommateur. Ces exclusions doivent être annoncées avant l'achat.
F·10

Combien de temps ai-je pour rembourser un client qui se rétracte ?

Quatorze jours à compter de la date à laquelle vous êtes informé de sa décision. Vous pouvez différer le versement jusqu'à la réception du bien ou jusqu'à ce que le client fournisse une preuve d'expédition, la date retenue étant celle du premier de ces deux événements.
F·11

Quel est le taux de retour moyen en e-commerce ?

Il varie fortement selon le secteur. Les repères observés sur le marché français vont de 2 à 5 % dans l'alimentaire à 25 à 40 % dans la mode, avec une moyenne tous secteurs située autour de 15 à 20 %. Le coût complet d'un retour, transport et traitement compris, est généralement estimé entre 15 et 30 € par colis.
F·12

À quoi ressemble un bon exemple de politique de retour ?

Une politique de retour efficace tient en une page et répond à six questions dans cet ordre : quel délai, dans quel état, qui paie le retour, sous quel délai le remboursement, quelles exclusions, et comment procéder concrètement. Le modèle complet, prêt à adapter, figure plus haut dans cet article.
F·13

Quelles sanctions en cas de non-conformité ?

L'article L242-13 prévoit une amende administrative prononcée par la DGCCRF pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale. Un défaut d'information sur le droit de rétractation peut par ailleurs porter le délai à douze mois et quatorze jours.

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